Le congé parental rémunéré des pères représente un huitième de celui dont bénéficient les mères, et tout le monde en paie le prix
Ce « fossé parental » nuit non seulement aux mères, mais aussi aux enfants et aux pères, selon une note d’orientation d’ONU Femmes et du Groupe de la Banque mondiale.
NEW YORK – Dans de nombreuses régions du monde, les politiques continuent d’accorder un congé payé bien plus important aux mères qu’aux pères, ce qui contribue à creuser les inégalités dans la répartition des responsabilités familiales et à limiter les avantages qui s’offrent aux familles, aux enfants et aux économies, selon la nouvelle note d’orientation d’ONU Femmes et du Groupe de la Banque mondiale « Les femmes, l’entreprise et le droit », intitulée Du congé parental aux services de garde d’enfants : construire des systèmes de soins qui fonctionnent pour les femmes, les familles et les économies, qui a été publiée aujourd’hui.
S’agissant du congé de maternité rémunéré, parmi les 190 économies étudiées, près d’un tiers (61) ne respectent pas la norme de 14 semaines recommandée par l’Organisation internationale du Travail. Six économies continuent de n’offrir aucune garantie de congé de maternité rémunéré. En parallèle, 66 économies ne garantissent aucun congé payé aux pères, contre seulement six pour les mères. Sur les 124 économies qui accordent un congé de paternité rémunéré, la moitié prévoient un congé de moins de deux semaines. En moyenne, les mères ont droit à un congé payé près de huit fois plus long que celui des pères.
Une étude récente montre que les hommes sont de plus en plus nombreux à souhaiter s’impliquer davantage dans les responsabilités familiales. Quatre-vingt-sept pour cent des pères déclarent ne pas bénéficier du soutien dont ils ont besoin, et 83 % indiquent que leur employeur ne leur propose pas de modalités de travail flexibles. Plus de 64 % sont en faveur d’une hausse des impôts pour étendre les services de soins publics.
« Le travail de soins soutient nos familles, nos sociétés et nos économies, mais les femmes continuent à en assumer une part disproportionnée. Nous ne pourrons parvenir à l’égalité des sexes et garantir le respect des droits humains et l’autonomisation des femmes et des filles qu’en transformant la manière dont le travail de soins est reconnu et réparti », a déclaré la Directrice exécutive adjointe d’ONU Femmes, Nyaradzayi Gumbonzvanda.
Le fossé parental continue d’influencer la vie familiale bien après le retour des parents au travail. Quand les pères prennent un congé, ils assument une plus grande part des responsabilités familiales et des tâches ménagères sur le long terme, ce qui permet d’alléger la charge qui pèse sur les femmes, lesquelles consacrent, en moyenne, 2,5 fois plus d’heures par jour aux tâches de soins non rémunérées que les hommes.
« Pour combler le fossé parental, il faut des congés parentaux et de proches aidants qui soient équitables, assortis de politiques qui permettent aux pères d’assumer leur juste part des tâches familiales et qui les y encouragent, ainsi que la mise en place d’une protection sociale », a poursuivi la Directrice exécutive adjointe d’ONU Femmes.
Lorsque les pères bénéficient d’un congé parental, cela favorise également la capacité des mères à exercer une activité rémunérée et à percevoir un revenu. Le congé de paternité est en effet associé à des revenus supérieurs pour les mères et à des niveaux d’emploi plus élevés au sein d’entreprises privées. Si davantage d’hommes peuvent prendre un congé parental, cela peut également transformer la culture d’entreprise, en réduisant potentiellement le phénomène de « pénalité liée à la maternité » que subissent leurs collègues femmes.
Lorsque les pères ont la possibilité d’assumer des tâches de soins, cela profite à leurs enfants également. Selon une étude, des pères plus attentifs à l’égard de leurs enfants favorisent chez ces derniers une amélioration du fonctionnement cognitif, de l’apprentissage du langage, de la régulation des émotions et du comportement.
Les soins ne se limitent pas à la parentalité. Plusieurs études montrent que parmi les parents qui prodiguent des soins à leurs enfants, un grand nombre apportent également un soutien à des personnes âgées de leur famille, à des amis ou à d’autres membres de leur communauté. Environ un parent sur quatre prend soin à la fois de ses enfants et de personnes âgées, souvent avec peu de soutien, voire aucun. Ce recoupement des responsabilités souligne la nécessité de systèmes de soins pouvant répondre à un éventail de besoins tout au long de la vie.
Alors que le monde célèbre la Journée internationale des soins et de l’assistance ce 29 octobre 2026, ONU Femmes et le projet du Groupe de la Banque mondiale « Les femmes, l’entreprise et le droit » appellent à l’établissement de systèmes de soins qui remettent en cause les normes de genre discriminatoires, reconnaissent les hommes et les garçons en tant que proches aidants et promeuvent une répartition équitable du travail de soins.
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