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Faits et chiffres

Faits et chiffres : Les femmes, la paix et la sécurité

26 octobre 2026
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Kholoud Al Gourani, 28 ans, s'est confiée à ONU Femmes sur son expérience de la guerre, du déplacement et de l'incertitude à Gaza, en Palestine. Photo : ONU Femmes/Suleiman Hajji

Faits et chiffres : Les femmes, la paix et la sécurité

Vingt-six ans se sont écoulés depuis l’adoption à l’unanimité par le Conseil de sécurité des Nations Unies de la résolution 1325, plus connue sous le nom de « programme pour les femmes, la paix et la sécurité », et tout au long de cette période, les preuves du rôle essentiel joué par les femmes dans l’instauration et le maintien de la paix à travers le monde n’ont cessé de s’accumuler.

Pourtant, le soutien structurel et financier destiné aux femmes artisanes de la paix – et l’aide vitale apportée aux femmes et aux filles prises au piège dans des conflits – restent terriblement insuffisants. À l’inverse, les conflits et les dépenses militaires sont en augmentation, tout comme le nombre de femmes tuées, violées et déplacées par les guerres.

Les faits et chiffres sont alarmants et constituent un appel à l’action. Étudions les données ci-dessous.

La multiplication des conflits et la montée du militarisme à travers le monde touchent de plus en plus de femmes et de filles

  • Une multiplication des conflits : en 2025, sur les plus de 185 conflits armés recensés à travers le monde, 65 impliquaient des États, un nombre record depuis 1946.
  • Les femmes exposées aux conflits : en 2025, on estimait à 756 millions le nombre de femmes et de filles, soit 19 % de la population féminine mondiale, qui vivaient à moins de 50 kilomètres d’un conflit mortel, un nombre et une proportion inédits depuis les années 1990.
  • Les pertes civiles de la guerre : en 2025, les Nations Unies ont recensé plus de 37 000 décès de civils survenus dans le cadre de 20 conflits armés ; une personne tuée sur quatre était une femme ou une fille. Si les hommes restent plus exposés au risque de perdre la vie, l’utilisation d’armes explosives à longue portée dans des zones densément peuplées augmente le nombre de victimes parmi les femmes et les filles, en particulier lorsque les frappes aériennes visent des habitations, des écoles, des établissements de santé, des marchés et des camps de personnes déplacées.
  • Les attaques contre les infrastructures de santé : en 2025, plus de 1 400 attaques contre des établissements de santé ont été signalées dans 20 pays confrontés à des situations d’urgence humanitaire complexes. Ces attaques ont fait plus de 3 100 blessés et morts. Dans divers contextes tels que l’Ukraine (584), Gaza (467 attaques), le Myanmar (70) et le Soudan (65), les attaques répétées contre les centres de santé ont gravement perturbé la prestation des services de soins, privant les femmes de l’accès à des services essentiels et vitaux, notamment en matière de santé sexuelle et procréative.
  • L’augmentation des violences sexuelles liées aux conflits : les Nations Unies ont confirmé 9 788 cas de violences sexuelles liées aux conflits en 2025, soit plus du double par rapport à l’année précédente et près de quatre fois plus qu’en 2022.
  • Les femmes et les enfants déplacés : à la fin de l’année 2025, on estimait à 117,8 millions le nombre de personnes déplacées de force dans le monde, soit 1 personne sur 70, dont 60 % étaient des femmes et des enfants.
  • Attaques contre l’éducation et perturbation de l’apprentissage : au moins 9 259 attaques contre l’éducation ont été recensées en 2024-2025, soit une augmentation de 50 % par rapport à 2022–2023. Au moins 10 600 élèves et membres du personnel enseignant ont été tués ou blessés.
  • L’éducation des filles prise pour cible : sur les 273 millions d’enfants et d’adolescent·e·s comptabilisés dans l’estimation mondiale de l’UNESCO sur les enfants non scolarisés, 127 millions (47 %) vivent dans des pays touchés par une crise. Les dernières estimations du rapport Education Cannot Wait montrent que les filles représentent 51 % des enfants et adolescents non scolarisés.
  • En Afghanistan, l’éducation des filles fait l’objet de restrictions systématiques. Depuis septembre 2021, les filles et les femmes se voient interdire l’accès à l’enseignement secondaire au-delà de la 6ème. Les restrictions se sont également étendues aux dispositifs d’éducation alternative : des enseignant·e·s auraient été arrêté·e·s et des centres d’enseignement contraints de fermer pour avoir dispensé un enseignement à des filles au-delà de la 6ème. En mars 2025, 2,2 millions de filles n’avaient pas pu accéder à l’enseignement secondaire.
  • Insécurité alimentaire : les conflits restent la première cause d’insécurité alimentaire aiguë pour des millions de personnes à travers le monde. Le Rapport mondial sur les crises alimentaires 2026 montre qu’en 2025, 266 millions de personnes réparties dans 47 pays et territoires ont connu un niveau élevé d’insécurité alimentaire aigüe. Les crises alimentaires s’accompagnent également de graves crises nutritionnelles, en particulier pour les femmes et les jeunes enfants. En 2025, 9,2 millions de femmes enceintes et allaitantes et 35,5 millions d’enfants de moins de cinq ans souffraient de malnutrition aiguë.
  • La mortalité maternelle dans les conflits : en 2023, on estimait à 160 000 le nombre de femmes décédées de causes maternelles évitables dans des contextes fragiles et touchés par des conflits. Le risque de mourir de causes liées à la maternité était cinq fois plus élevé pour une femme accouchant dans un pays touché par un conflit que pour une femme vivant dans un pays stable.

Les femmes dans les processus de paix

  • Des accords de paix plus solides grâce à la participation des femmes : des études montrent que les accords de paix qui comptent des femmes parmi leurs signataires ont des taux de mise en œuvre plus élevés et durent plus longtemps. Une évaluation récente des actions de consolidation de la paix dans les zones frontalières du Mali et du Niger, par exemple, révèle que la participation des femmes à la prévention des conflits est passée de 5 à 25 % entre 2020 et 2022 et a contribué à résoudre plus de 100 conflits liés aux ressources naturelles locales. 
  • Les femmes largement exclues des négociations : sur les 57 processus de paix examinés en 2025, des femmes figuraient parmi les délégations de négociation dans seulement 13 d’entre eux (23 %) et représentaient en moyenne 5 % des négociateurs, contre 7 % en 2024. Quant aux médiatrices, leur proportion s’élevait à 14 %, soit le même niveau que l’année précédente.
  • Des processus de paix dirigés ou codirigés par les Nations Unies : dans les trois processus dirigés ou codirigés par les Nations Unies en 2025, les femmes représentaient en moyenne 22 % des négociateurs, et les trois médiateurs principaux des Nations Unies étaient des femmes.
  • Dispositions relatives au genre dans les accords de paix : seuls 10 des 53 accords de paix conclus dans le monde en 2025 (19 %) faisaient référence aux femmes, aux filles, au genre ou aux violences sexuelles, ce qui représente une baisse par rapport à l’année précédente. Aucun des 13 accords de cessez-le-feu conclus en 2023 ne citait les violences sexuelles liées aux conflits ou d’autres formes d’insécurité liées au genre parmi les actes interdits.
  • De nouvelles initiatives politiques ont été prises pour accélérer les progrès dans la mise en œuvre des engagements en faveur de la participation des femmes aux processus de paix. Ainsi, la Déclaration commune pour la participation pleine, égale et significative des femmes aux processus de paix du Secrétaire général des Nations Unies a été officiellement lancée lors du débat public du Conseil de sécurité des Nations Unies sur les femmes, la paix et la sécurité, qui s’est tenu en octobre 2024. En décembre 2025, 43 acteurs, dont des États membres, des organisations internationales et régionales et d’autres acteurs de la médiation, ont signé cette déclaration, s’engageant à prendre des mesures concrètes pour promouvoir la participation des femmes à tous les processus de paix dans lesquels ils sont impliqués.

Le leadership des femmes dans les conflits et les crises

  • Les femmes cheffes d’État : au 1er septembre 2026, 30 femmes occupaient des fonctions de chef d’État et/ou de chef de gouvernement dans 28 pays. Pour chaque pays dirigé par une femme, six sont dirigés par des hommes.
  • Les femmes dans le corps législatif : en 2026, les femmes occupaient 27 % des sièges parlementaires dans le monde, contre 20 % dans les pays touchés par un conflit.
  • Les femmes dans les collectivités locales : en 2025, au niveau local, les femmes représentaient 36 % des élus au sein des organes délibérants à l’échelle mondiale et 11 % dans les pays touchés par un conflit pour lesquels des données sont disponibles.
  • Les quotas renforcent la représentation : dans les pays touchés par un conflit qui ont instauré des quotas par voie législative, les femmes occupaient 25 % des sièges parlementaires, contre 11 % dans les pays sans quotas ; au niveau local, ces proportions étaient respectivement de 22 et 6 %.
  • Les hommes occupent la majorité des postes diplomatiques : en mai 2026, les hommes occupaient 83 % des postes de représentant permanent à New York, 72 % à Genève et 69 % à Vienne.

Les femmes et la sécurité climatique

  • La vulnérabilité climatique et les conflits : sur les 15 pays les plus vulnérables au changement climatique, 13 sont également touchés par des conflits violents.
  • Les femmes négligées dans l’action climatique : une analyse de la FAO portant sur 4 164 mesures climatiquesproposées dans les contributions déterminées au niveau national et les plans nationaux d’adaptation de 24 pays a révélé que seules 6 % d’entre elles mentionnaient les femmes.
  • La violence à l’égard de défenseuses de l’environnement : entre 2023 et 2025, les défenseurs des droits fonciers et environnementaux représentaient près de trois personnes sur dix parmi l’ensemble des défenseurs tués ou disparus. Les communautés autochtones et minoritaires représentaient deux personnes sur dix tuées ou disparues, et une sur dix était une femme.
  • Le Plan d’action de Belém relatif au genre pour la période 2026-2034, adopté lors de la COP30, inclut pour la première fois des dispositions visant à renforcer la sécurité, les mécanismes de protection ainsi que le soutien aux défenseuses de l’environnement et aux femmes engagées dans la lutte contre le changement climatique.

Les droits humains des femmes dans les conflits et les crises

  • Au cours de ces dix dernières années, le nombre de meurtres confirmés a considérablement augmenté, pour atteindre 673 en 2023, soit une hausse de 53 % par rapport à 2015. Les femmes représentent environ une victime sur dix, ce qui éloigne encore davantage le monde de l’objectif mondial de zéro meurtre.
  • Une enquête récente révèle qu’ à travers le monde, 70 % des défenseuses des droits humains, militantes, journalistes et professionnelles des médias ont été victimes de violences en ligne dans le cadre de leur travail, et 24 % ont signalé des violences en ligne facilitées par l’intelligence artificielle.

La violence fondée sur le genre dans les conflits

  • Les violences sexuelles liées aux conflits : les Nations Unies ont confirmé 9 788 cas de violences sexuelles liées aux conflits en 2025, soit plus du double par rapport à l’année précédente et près de quatre fois plus qu’en 2022. Les cas confirmés par les Nations Unies sont indicatifs et ne reflètent pas l’ampleur réelle du problème.
  • Une impunité persistante parmi les acteurs armés : la liste des parties étatiques et non étatiques qui se livrent à des violences sexuelles liées aux conflits compte désormais 77 acteurs armés, dont les deux tiers figurent sur cette liste depuis plusieurs années, sans qu’aucune mesure correctrice n’ait été prise.

L’accès des femmes à la justice pendant et après les conflits

  • Des services de justice tenant compte du genre : de 2023 à 2025, la Plateforme pour la justice de genre d’ONU Femmes et du PNUD a permis à plus de 1,12 million de personnes de bénéficier de services de justice tenant compte des genre, dans 59 pays fragiles et touchés par des conflits.
  • Le rôle des femmes dans la justice transitionnelle : en 2026, 20 des 36 magistrats (56 %) de la Juridiction spéciale pour la paix en Colombie étaient des femmes, de même que 5 des 13 membres (38 %) de la Commission nationale syrienne pour la justice transitionnelle. Par ailleurs, les femmes représentent 40 % des commissaires de la Commission nationale libanaise pour les personnes disparues et victimes de disparitions forcées. Au Népal, 4 des 10 membres (40 %) des deux commissions de justice transitionnelle sont des femmes.

La sécurité sociale, économique et des moyens de subsistance des femmes

  • L’extrême pauvreté en situation de conflit : aujourd’hui, 426,4 millions de femmes et de filles dans le monde (10 % de la population féminine mondiale) vivent dans l’extrême pauvreté, et 162,9 millions d’entre elles (38 %) vivent dans des contextes touchés par un conflit.
  • Les inégalités entre les sexes en matière de couverture de la protection sociale sont également plus marquées dans les zones touchées par un conflit : en 2023, les hommes avaient 1,5 fois plus de chances que les femmes de bénéficier d’au moins une prestation, contre 1,09 fois à l’échelle mondiale.
  • Dans le monde, 46,5 % des femmes en âge de travailler avaient un emploi en 2025, contre 69,6 % des hommes. Dans les pays touchés par un conflit, le taux d’emploi des femmes était encore plus faible : en moyenne, seules 37 % des femmes en âge de travailler avaient un emploi, contre 65,2 % des hommes, malgré des différences selon les contextes. (D’après l’analyse d’ONU Femmes du ratio emploi/population. Base de données des estimations modélisées de l’OIT [ILOEST], Organisation internationale du Travail (OIT), consultée en août 2026.) 
  • À Gaza, 90 % des entreprises employant des femmes ont fermé leurs portes, ce qui a fortement limité l’accès des femmes à un emploi rémunéré et à un revenu. En Ukraine, le taux d’emploi des femmes déplacées à l’intérieur du pays, interrogées dans le cadre d’une enquête, est passé de 51 % au début de l’invasion à grande échelle à 35 % en octobre 2023. Plus récemment, la crise de 2026 au Moyen-Orient menace d’aggraver ces pertes : en Iraq, en Jordanie, au Liban, dans l’État de Palestine et en Syrie, on estime que 34 000 à 56 000 emplois occupés par des femmes pourraient être immédiatement menacés, en raison de la baisse de la demande dans les secteurs privé et informel.
  • Dans les pays touchés par des conflits, 79 % des femmes actives occupent des emplois informels, et sont privées de protection sociale adaptée, de conditions de travail décentes, de protections du travail ou de représentation collective. (D’après l’analyse réalisée par ONU Femmes des données de l’indicateur 8.3.1 des ODD tirées de la base de données mondiale sur les ODD, consultée en août 2026)

Les femmes dans les missions des Nations Unies, le maintien de la paix et le secteur de la sécurité

  • Les femmes à la tête des missions des Nations Unies : Parmi les chef·fe·s et chef·fe·s adjoint·e·s des missions des Nations Unies, la parité a été atteinte pour la première fois en 2021, avant de retomber à 33 %.
  • Les femmes dans le maintien de la paix et le secteur de la sécurité : Fin 2025, la plupart des objectifs fixés par la Stratégie de parité entre les sexes applicable au personnel en uniforme des Nations Unies (UGPS) 2018-2028 avaient été atteints voire dépassés, sauf pour les contingents militaires et les officiers d’état-major. Les femmes représentaient :
    • 36 % du personnel judiciaire et pénitentiaire (objectif UGPS 30 %)
    • 31 % des forces de police (objectif UGPS 25 %)
    • 23 % des experts militaires en mission et des officiers d’état-major (objectif UGPS 22 %)
    • 18 % des unités de police constituées (objectif UGPS 15  %)
    • 8 % des contingents militaires (objectif UGPS 12 %)
  • Soutien aux femmes engagées dans le maintien de la paix : des initiatives telles que l’Initiative Elsie du Canada et le Fonds de l’Initiative Elsie pour la participation des femmes en uniforme aux opérations de paix (EIF), un fonds d’affectation spéciale des Nations Unies, contribuent à accroître la participation pleine, égale et significative des femmes aux actions de maintien de la paix. L’EIF a apporté son soutien à 22 institutions de sécurité dans 19 pays fournisseurs de troupes et de forces de police, ainsi qu’à trois missions de maintien de la paix des Nations Unies.

Le genre et la prévention de l’extrémisme violent

  • Genre et terrorisme : en 2015, dans sa Résolution 2242, le Conseil de sécurité des Nations Unies a reconnu le lien qui existe entre genre et terrorisme et appelé à intégrer le programme sur les femmes, la paix et la sécurité dans les efforts de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent.
  • La violence sexuelle comme arme de guerre : les groupes terroristes, d’autres groupes armés et les réseaux criminels utilisent la violence sexuelle comme tactique de recrutement et pour prendre le contrôle de territoires et de ressources naturelles lucratives.
  • Le détournement des lois antiterroristes : les lois et mesures antiterroristes continuent d’être régulièrement détournéespour accuser de terrorisme des acteurs de la société civile, y compris des défenseuses et défenseurs des droits humains, et pour les poursuivre à ce titre, dans le but d’entraver leur travail. Les organisations de défense des droits des femmes et les défenseuses et défenseurs des droits humains sont particulièrement touchés par ces pratiques.

Désarmement, maîtrise des armements et dépenses militaires

  • Des dépenses militaires record : les dépenses militaires mondiales ont augmenté pour la 11eannée consécutive, atteignant près de 2 900 milliards de dollars US en 2025. Cette hausse spectaculaire des dépenses militaires est en contradiction directe avec l’article 26 de la Charte des Nations Unies, qui appelle à la paix et à la sécurité internationales en ne détournant vers les armements que le minimum de ressources humaines et économiques. Elle est également contraire au Programme d’action de Beijing de 1995 (objectif stratégique E.2.), qui appelle à une réduction des dépenses militaires excessives et au contrôle de la disponibilité des armements.
  • Dans l’examen et l’évaluation de la mise en œuvre de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing (E/CN.6/2025/3), seuls 3 % des pays et territoires ont déclaré avoir pris des mesures pour réduire les dépenses militaires ou pour contrôler la disponibilité des armements. Seulement 1 % d’entre eux ont réaffecté des fonds initialement destinés aux dépenses militaires au financement des dépenses sociales et économiques, notamment en faveur de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes.
  • Le désarmement dans les plans d’action nationaux : en 2025, 64 des 117 plans d’action nationaux sur les femmes, la paix et la sécurité (54,7 %) mentionnaient le contrôle des armes, la gestion des munitions ou le désarmement, contre 39,3 % en 2024. Toutefois, une analyse plus approfondie montre que ces références se limitent le plus souvent aux parties introductives plutôt qu’aux actions proposées.
  • Le Traité sur le commerce des armes (TCA) et la violence basée sur le genre: le TCA est le premier accord international juridiquement contraignant qui reconnaît le lien entre le commerce international des armes et la violence basée sur le genre. En vertu de l’article 7, paragraphe 4, du Traité, les États parties sont tenus de prendre en compte le risque que des armes « puissent servir à commettre des actes graves de violence fondée sur le sexe ou des actes graves de violence contre les femmes et les enfants, ou à en faciliter la commission » dans leurs évaluations d’exportation.
  • Les rapports établis dans le cadre du Programme d’action en vue de prévenir, combattre et éliminer le commerce illicite des armes légères sous tous ses aspects montrent que le nombre d’États qui intègrent les considérations de genre dans le contrôle national des armes n’a cessé d’augmenter au fil du temps (74 % des États ayant établi un rapport en 2024).

Les politiques locales, nationales et régionales sur les femmes, la paix et la sécurité

  • Les Plans d’action nationaux (PAN) sont des outils essentiels qui permettent aux pays de mettre en œuvre les engagements mondiaux pris envers le programme sur les femmes, la paix et la sécurité dans le cadre de leurs politiques nationales. Ces plans indiquent dans quelle mesure les pays accordent la priorité au programme et précisent les modalités de gestion, de financement et de suivi des activités. Depuis le premier PAN sur les femmes, la paix et la sécurité adopté par le Danemark en 2005, le nombre de pays dotés de PAN est passé à 117 en mai 2026. Quatre-vingt pour cent des plans accessibles au public comportaient un cadre de suivi fondé sur des indicateurs, tandis que 15 % des pays disposaient de plans qui n’étaient plus en vigueur depuis au moins deux ans. En 2025, cinq pays en ont adopté un pour la première fois : l’État plurinational de Bolivie, la Malaisie, la Tanzanie, la Thaïlande ainsi que Trinité-et-Tobago.
  • Un nombre croissant d’organisations régionales ont adopté des politiques ou des plans d’action spécifiques sur les femmes, la paix et la sécurité. En octobre 2026, 13 organisations régionales disposaient de plans d’action dans ce domaine.
  • Les plans d’action locaux sur les femmes, la paix et la sécurité peuvent produire des résultats très positifs :
    • Philippines – Intégration de la question des femmes, de la paix et de la sécurité dans la planification locale : la région autonome du Bangsamoro, dans la partie musulmane de Mindanao, a adopté un décret qui impose l’intégration des programmes sur les femmes, la paix et la sécurité dans les plans de développement et les budgets des ministères et organismes régionaux.
    • Ouganda : la participation des femmes a presque triplé. Dans le Karamoja, la représentation des femmes au sein des comités de paix de district et de sous-comté est passée de 17 % en 2022 à 46 % en 2025. Vingt-et-un districts disposent désormais de plans d’action locaux pour les femmes, la paix et la sécurité et certains consacrent 1 % de leur budget local à leur mise en œuvre.
    • Kenya : début 2025, 19 plans d’action pour les femmes, la paix et la sécurité avaient été mis en place au niveau des comtés, et l’on observait parallèlement une baisse des conflits locaux autour de l’eau et d’autres ressources.
    • Ukraine : les femmes actrices de la relance locale. Trente-quatre groupes d’entraide de femmes contribuent à la relance locale, en s’appuyant sur les profils de genre communautaires pour élaborer des recommandations reprises par les autorités locales.
    • Kosovo* : 17 communes renforcent la budgétisation sensible au genre. Dans 17 communes, les plans locaux sur les femmes, la paix et la sécurité ont renforcé la budgétisation en la matière. (*Toutes les références au Kosovo doivent s’entendre conformément à la Résolution 1244 (1999) du Conseil de sécurité des Nations Unies)
    • Iraq, un soutien adapté aux femmes déplacées : dans la région du Kurdistan irakien, la mise en œuvre localisée de l’initiative « Femmes, paix et sécurité » a porté sur l’harmonisation des services d’aide aux femmes déplacées à l’intérieur du pays et aux populations rapatriées à Sinjar.
  • Le Réseau des points focaux Femmes, paix et sécurité a célébré son 10e anniversaire en 2026. En septembre 2026, 101 États membres et 11 organisations régionales en étaient membres, ce qui en fait le plus grand réseau de ce type consacré aux femmes, à la paix et à la sécurité.
  • En septembre 2026, 19 pays étaient membres du groupe Feminist Foreign Policy Plus.
  • Le Pacte sur les femmes, la paix, la sécurité et l’action humanitaire comptait 254 signataires en septembre 2026.

Un manque critique de financement pour les femmes, la paix et la sécurité

  • L’aide bilatérale en faveur de l’égalité des sexes : Les dernières données disponibles sur l’aide publique au développement (APD) montrent que l’aide bilatérale apportée aux contextes présentant une fragilité élevée et extrême était d’un montant de 43,5 milliards de dollars US en 2024. Sur ce total, 21,7 milliards de dollars US (50,8 %) soutenaient l’égalité des sexes, mais seulement 2,5 milliards de dollars (5,8 %) en faisaient l’objectif principal.
  • Une baisse historique de l’APD : Les données préliminaires indiquent que l’aide publique au développement (APD) des membres et associés du Comité d’aide au développement (CAD) de l’OCDE a baissé de 23,1 % en 2025 pour s’établir à 174,3 milliards de dollars. L’OCDE prévoit une nouvelle baisse de 6,9 % de l’aide nette des pays du CAD en 2026.

Le financement des organisations de femmes en première ligne des conflits et des crises

  • Le financement des organisations de défense des droits des femmes : l’aide publique au développement (APD) destinée aux organisations et mouvements de défense des droits des femmes dans des contextes de fragilité élevée ou extrême est passée de 215,4 millions de dollars en 2023 à 167,9 millions de dollars en 2024, tout en représentant toujours 0,4 % de l’ensemble de l’aide bilatérale.
  • L’impact des coupes budgétaires sur les organisations de femmes : d’après un rapport publié par ONU Femmes en 2026 sur l’impact des coupes budgétaires sur les organisations de femmes dans les contextes humanitaires, 63 % de ces organisations ont déclaré avoir réduit leurs services dans des communautés isolées et difficiles d’accès, 45 % disposaient de moins de six mois de financement et 77 % avaient perdu du personnel.
  • Financement direct des Nations Unies : en 2025, 38 % des entités des Nations Unies ont accordé un financement direct à des organisations locales de femmes dans des contextes de paix et d’aide humanitaire, contre 25 % en 2024.
  • Le Plan d’accélération de l’égalité des sexes à l’échelle du système des Nations Unies, lancé en 2024, a pour objectif d’établir une norme selon laquelle 15 % des dépenses des Nations Unies doivent être affectées à l’égalité des sexes d’ici 2026, avec des plans pour atteindre cet objectif d’ici 2030. Ce plan recommande également que tous les nouveaux fonds d’affectation spéciale pluripartenaire fixent un objectif de 40 % pour les programmes d’égalité des sexes et mobilisent 300 millions de dollars US destinés aux organisations de femmes qui interviennent dans des situations de conflit et de crise.

Les fonds d’affectation spéciale pluripartenaire financent des initiatives pour les femmes, la paix et la sécurité

  • Le Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix : En 2025, le Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix a approuvé un budget de 124 millions de dollars US pour financer des initiatives dans 28 pays, dont plus de 38 % (47 millions de dollars) sont alloués à l’égalité des sexes, contre 43 % (49,9 millions de dollars) en 2023. Pour la troisième année consécutive, les financements accordés à l’égalité des sexes ont baissé, tant en volume qu’en proportion.
  • Le Fonds des Nations Unies pour les femmes, la paix et l’action humanitaire : il s’agit du seul mécanisme de financement mondial dédié au soutien des organisations locales et communautaires de femmes dans des situations de conflit et de crise. Depuis 2016, il a mobilisé plus de 276 millions de dollars US et soutenu plus de 1 800 organisations locales de femmes et 1 251 défenseuses des droits humains dans 49 pays touchés par une crise. En 2025, le Fonds pour les femmes, la paix et l’action humanitaire a levé 30,4 millions de dollars en faveur des organisations locales de femmes et des militantes, contre 65,9 millions de dollars en 2024.
  • Le Fonds de l’Initiative Elsie pour les femmes en uniforme dans les opérations de paix (EIF) : ce mécanisme de financement innovant vise à accroître la participation sûre, égale et significative des femmes en uniforme aux opérations de paix des Nations Unies. En décembre 2025, l’EIF avait approuvé le financement de 30 projets qui concernent 29 institutions de sécurité dans 18 pays fournisseurs de troupes et de contingents et de personnel de police, ainsi que trois opérations de maintien de la paix des Nations Unies.
  • Les Fonds de financement commun pour les pays (CBPF) et le Fonds central pour les interventions d’urgence (CERF) : en 2025, les fonds de financement commun pour les pays ont alloué 983,6 millions de dollars US (95 % du financement total) et le Fonds central pour les interventions d’urgence a accordé 204 millions de dollars (75 %) à des projets qui contribuent à l’égalité des sexes dans toutes les tranches d’âge.

Les femmes, la paix et la sécurité au Conseil de sécurité de l’ONU (CSNU)

  • Depuis 2000, le CSNU a adopté 10 résolutions qui constituent le fondement du programme sur les femmes, la paix et la sécurité : 1325(2000), 1820 (2008), 1888 (2009), 1889 (2009), 1960 (2010), 2106 (2013), 2122 (2013), 2242 (2015), 2467 (2019) et 2493 (2019).
  • Les références au genre dans les décisions du Conseil de sécurité : en 2025, 46 % des décisions du Conseil de sécurité faisaient référence à des questions liées au genre, soit la part la plus faible depuis 2009 et inférieure à la moyenne de 65 % enregistrée au cours de la décennie précédente. Dans les déclarations de la présidence, cette proportion est passée de 85,7 % en 2024 à 12,5 % en 2025.
  • La voix des femmes au CSNU : le nombre d’exposés présentés au Conseil de sécurité par des femmes issues d’organisations de la société civile est passé de 55 en 2024 à 31 en 2025, soit le total annuel le plus bas depuis 2020.
  • Les femmes dans les réunions du CSNU : en 2025, les femmes représentaient 43 % des participants aux réunions du Conseil de sécurité tenues en vertu de l’article 39, et 41 % des membres des groupes d’experts ou des panels chargés d’assister les comités des sanctions.

Remarque

Sauf indication contraire, toutes les données citées ici sont tirées du rapport 2026 du Secrétaire général des Nations Unies intitulé « Les femmes, la paix et la sécurité ».

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